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Lundi 18 juin 2007
On croyait définitivement écarté le projet d'EDF d'implanter une ligne à très haute tension sur ce site extraordinaire. Il revient par la bande. Explications.
Par Eliane PATRIARCA
LIBERATION.FR : dimanche 17 juin 2007
Le répit a duré moins d’un an. L’été dernier, les habitants des gorges du Verdon, qui luttent depuis plus de vingt ans contre le projet de construction d’une ligne à très haute tension (THT), obtenaient gain de cause devant la plus haute juridiction française. Par son arrêt du 10 juillet, le Conseil d’Etat donnait en effet un coup d’arrêt au projet de Réseau Transport d’Electricité (RTE), filiale d’EDF.

Les magistrats, après une visite dans ce site sublime, à cheval sur les départements du Var et des Alpes de Haute-Provence, et haut lieu de l’escalade et du kayak, avaient en effet jugé que «les atteintes qui seraient portées à la région» par le sillon de 100 kilomètres et 220 pylônes massifs étaient telles qu’elles «privaient le projet de son utilité publique».

Une décision capitale pour les défenseurs de l’environnement, et une belle victoire d’une poignée d’amoureux des Gorges contre le mastodonte EDF. Mais RTE tente aujourd’hui de relancer sa ligne. La preuve: le Comité économique social régional (CESR) doit voter mercredi prochain, le 20 juin, sur la base d’un document intitulé «L’alimentation électrique en PACA: danger de black out», qui préconise de réétudier le projet.

Un document très détaillé et technique, dressant le panorama énergétique en PACA, et dans lequel, selon le président du Collectif de défense des Gorges du Verdon, Robert Ferrato, «on reconnaît l’empreinte de RTE». Et où l’on retrouve, largement développé, l’argument majeur, évoqué sans cesse au cours de ces années de litige par EDF puis RTE pour justifier la ligne THT: l’alimentation électrique de la région Provence Alpes Cotes d’Azur, grosse consommatrice, serait insuffisante et mettrait toute cette zone à la merci d’un black out, une coupure totale d’électricité.

«Ce document a été élaboré en catimini, souligne Robert Ferrato, à l’insu de toutes les parties concernées: élus régionaux, parc naturel du Verdon, associations d’habitants…. Il fait mine de croire que le seul obstacle réside dans les 5 kilomètres de la ligne qui traversent le territoire protégé du parc naturel».

Une interprétation erronée, selon Robert Ferrato: «l’arrêt du conseil d’Etat englobe au contraire toute la région: les gorges, mais aussi le lac de Sainte Croix, le plateau de Valensole…» Toujours aussi déterminé, le collectif rappelle qu’il existe des solutions techniques alternatives plus respectueuses de l’environnement: l’enfouissement de la ligne THT ou l’installation d’un câble sous marin qui relierait Fos-sur-Mer à Nice.
par Délégation Régionale CAP 21 PACA publié dans : Pas de THT dans le Verdon !
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Mardi 15 août 2006

Que pèsent, en France, les mesures de protection de la nature et des paysages face aux intérêts industriels et économiques ? C'est la question posée par deux projets d'implantation de lignes électriques à très haute tension dans des espaces protégés, l'un en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, l'autre dans les Pyrénées.

Par Eliane PATRIARCA
Journal Libération : Vendredi 11 août 2006
     
De la route des Crêtes qui part du village de La Palud-sur-Verdon, on aperçoit, des centaines de mètres plus bas, un filet d'eau vert émeraude. Le Verdon cache sa force : c'est lui qui a cisaillé le calcaire des plateaux de haute Provence jusqu'à former ce canyon de 50 kilomètres. Dans l'immensité des plus grandes gorges d'Europe, on se laisse hypnotiser par l'à-pic, les plissements tourmentés du paysage ou le vol des vautours fauves.
«Ici, c'est plus que loin, c'est ailleurs», disait Jean Giono. On comprend pourquoi Robert Ferrato, 67 ans, président de l'Association de protection des lacs et sites du Verdon, a insisté pour guider les magistrats du Conseil d'Etat à la découverte de ce site. C'était le 2 mai, le jour où a été scellé le destin du projet de ligne électrique à très haute tension (THT) qui devait traverser les gorges. Les magistrats s'étaient exceptionnellement déplacés, afin de statuer sur les recours déposés contre le projet d'EDF par un collectif d'associations ainsi que par le parc naturel régional du Verdon. Le 10 juillet, c'était le coup d'arrêt : le Conseil d'Etat annulait la déclaration d'utilité publique de la ligne THT, en raison des «atteintes à l'environnement» possibles. Un camouflet pour EDF, qui, le lendemain, prenait acte, s'engageant «à gérer au mieux, dans les mois et les années à venir, la fragilité d'alimentation électrique de la région Paca». 
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par Délégation Régionale CAP 21 PACA publié dans : Pas de THT dans le Verdon !
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Lundi 10 juillet 2006
Les défenseurs de l'environnement ont eu raison du projet EdF de ligne à très haute tension qui devait traverser le site classé des gorges du Verdon, le Conseil d'Etat ayant décidé d'en annuler la déclaration d'utilité publique.
Le projet de ligne "ne passera pas par les gorges du Verdon", a annoncé le Conseil d'Etat, la plus haute autorité juridictionnelle du pays, qui était saisi par une vingtaine de réquérants - collectivités publiques, associations de défense de l'environnement et particuliers.
Il a estimé que ce projet comportait plus d'inconvénients que d'avantages. "Les atteintes qui seraient portées à la région des gorges du Verdon par l'opération projetée sont telles qu'elles privent cette dernière d'utilité publique", a-t-il indiqué, en rappelant avoir diligenté en mai une visite de magistrats sur les lieux afin d'éclairer sa décision.
Certes, il a reconnu que la ligne projetée aurait permis de "sécuriser et de renforcer le transport de l'électricité dans la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur", comme le faisaient valoir les défenseurs du projet.
Mais l'argument n'a pas tenu face aux enjeux environnementaux. "La réalisation de cet équipement se traduira par des atteintes nouvelles et très significatives à l'ensemble environnemental constitué par les gorges du Verdon, le lac de Sainte-Croix, le plateau de Valensole et leurs abords", a indiqué le Conseil d'Etat.
"Les atteintes graves portées par le projet à ces zones d'intérêt exceptionnel excèdent l'intérêt de l'opération et sont de nature à lui retirer son caractère d'utilité publique", a-t-il estimé.
Ce projet de ligne électrique à très haute tension devait traverser à deux reprises, sur près de cinq kilomètres, le site des gorges du Verdon, classé, et dont une une partie abrite des espèces animales et végétales protégées.
"C'est une très belle décision, avec une motivation très fouillée", a commenté Corinne Lepage, avocate du collectif d'opposants au projet.
"C'est un coup d'arrêt aux massacres auxquels nous assistons", a-t-elle ajouté. "D'avoir une décision qui rappelle qu'il n'y a pas d'utilité publique quand il s'agit de détruire un site exceptionnel, c'est très important pour tous ceux qui défendent l'environnement en France", a-t-elle déclaré.
Selon Corinne Lepage, ancien ministre de l'Environnement, le seul précédent en la matière remonte au début des années quatre vingt dix quand le Conseil d'Etat avait annulé la déclaration d'utilité publique d'un projet d'autoroute en Savoie.
Le président du parc du Verdon, Jacques Espitalier, a de son côté salué comme "une grande victoire pour le Verdon, le parc et ses habitants" la décision du Conseil d'Etat.
"Cette décision va donner une grande force à l'ensemble des parcs de France pour faire reconnaître qu'un espace exceptionnel doit être protégé", a-t-il déclaré. Il s'est félicité que "la décision soit prise sur le fond et non pas pour des questions de vice de forme".
La ligne de 400.000 volts, qui aurait relié Boutre (Var) au Broc-Carros (Alpes-Maritimes), en traversant le site du Verdon, devait se substituer à deux lignes aériennes parallèles, l'une de 225.000 volts, l'autre de 150.000 volts.
Le projet, objet depuis 20 ans d'une lutte acharnée entre EDF et défenseurs de l'environnement, avait été conforté en 2003 par le feu vert de la commission nationale supérieure des sites avant d'être déclaré d'utilité publique en décembre 2005.
Source : www.tsr.ch
par Délégation Régionale CAP 21 PACA publié dans : Pas de THT dans le Verdon !
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Mercredi 28 juin 2006
Dauphiné libéré - Patrice PALAU
Haute-tension sur le Parc du Verdon
La semaine dernière, le jour de la fête de la musique a bercé Me Didier Champauzac d'une douce mélodie. C'est que le commissaire du gouvernement au conseil d'État a partagé sa lecture d'un dossier à 40 millions d'euros instruit depuis dix ans par les plus hautes autorités du pays.
Trop de sites sont défigurés par des pylônes haute-tension. Et, selon le projet, il était prévu que le parc naturel régional du Verdon en accueille une douzaine, de 32 mètres de haut! Photo DR

L'avocat de Montélimar (Drôme) assiste le Parc naturel régional du Verdon (Var et Alpes-de-Haute-Provence), la Fédération française des Parcs régionaux, et le département des Alpes-de-Haute-Provence, dans le bras de fer qui les oppose à EDF et sa filiale RTE (Réseau de transport d'électricité).

Le noeud de ce contentieux porte sur le projet de doublement d'une ligne électrique de 400 000 volts entre Tavel (Gard), près d'Avignon, et la Pinée (Alpes-Maritimes). Sauf que, sur 96 kilomètres, la queue du tracé devrait notamment emprunter l'exceptionnel site classé du Verdon par les airs, via l'implantation d'une douzaine de pylônes de 32 mètres de hauteur.

Si le conseil d'État a été amené à plancher sur ce projet dont la toile de fond est le recalibrage des réseaux électriques intracommunautaires, le pôle de Tavel étant l'un des tout premiers sites de redistribution en Europe, c'est que des opposants ont soulevé deux problèmes. Ils ont attaqué la déclaration d'utilité publique du 5 décembre dernier, prise par un arrêté des ministre des Transports et de l'Industrie, et la dérogation à l'obligation d'enfouissement des lignes sur les sites classés prévue par le Code de l'Environnement.

C'est ainsi que le 2 mai dernier, les membres de la section contentieux de la plus haute juridiction administrative de France se sont déplacés depuis Paris jusqu'aux gorges du Verdon. A bord de deux hélicoptères, ils ont survolé le site et ont pu prendre la mesure de ce petit paradis Natura 2000. Et donc, à l'audience du 21 juin, le commissaire du gouvernement a conclu à l'annulation de la déclaration d'utilité publique et de la dérogation d'enfouissement, au motif notamment que le bilan environnemental de cette opération serait négatif et que la Loi littoral serait violée.

Pour Me Didier Champauzac, même si rien n'impose au conseil d'État de suivre les conclusions qui lui ont été soumises, "c'est une révolution en matière d'environnement". En tous cas, un premier motif de satisfaction que doivent partager les associations écologistes soutenues dans cette affaire par Me Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement, ou encore Alain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux.

Dans l'attente de l'arrêt définitif, qui pourrait intervenir d'ici quelques jours, les tenants de l'enfouissement tiennent donc la corde. Mais attention, car le budget des travaux serait alors multiplié par au moins trois...

par Délégation Régionale CAP 21 PACA publié dans : Pas de THT dans le Verdon !
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