Le sort des viticulteurs et plus généralement des agriculteurs, face à la crise est très inquiétant et il devient urgent que la politique agricole soit revue fondamentalement sur les points suivants :
Les prix payés aux producteurs par les acheteurs (centrales d’achat des GMS,
expéditeurs, particuliers…) ne doivent pas être inférieurs au coût de production, afin d’assurer un revenu décent aux agriculteurs : cela passe pour chaque denrée, par la fixation de prix minimum de référence pour les denrées agricoles payées au niveau de la production, définis par les Centres de Gestion Agricoles et le Ministère de l’Agriculture.
Ces prix minimum devraient être impérativement respectés par tous les acheteurs.
Afin de tenir compte des sur-coûts de production dans les zones plus difficiles (montagne), un complément de rémunération pourrait être versée par les pouvoirs publics qui se substituerait aux différentes aides actuelles.
Il ne s’agirait pas d’une aide découplée de l’acte de produire qui est anti-économique, mais d’un moyen de maintenir des exploitations dans les zones à faible densité afin d ‘aménager l’espace de manière équilibrée et de lutter contre l’exode rural.
La mise en place de ces aides pourrait être définie, dans le cadre d’une orientation nationale, par des commissions agricoles départementales, avec la participation des agriculteurs, des environnementalistes des associations de consommateurs et autres usagers de l’espace (forestiers, chasseurs, promeneurs…).
On pourrait ainsi encourager l’agriculture qui utilise et aménage l’espace (élevage à l’herbe au lieu du hors-sol ), celle qui économise l’eau, ou qui produit le plus de qualité (agriculture bio ou raisonnée, labels …). Les autres aides directes aux producteurs pourraient être ainsi supprimées. C’est plus digne être payé correctement de son travail que devoir mendier des aides à l’état !
De plus les aides actuelles aident les plus gros qui en ont le moins besoin (actuellement 80 % d’aides vont aux 20 % les plus riches car les aides publiques - par exemple les primes publiques de l’UE/ Etat pour les céréales, sont calculées à l’hectare sans autre limite de surface que la référence historique : vous étiez gros propriétaire, on vous encourage à le devenir encore plus !).
Les produits importés dans l ‘espace de l’Union Européenne qui rentrent en concurrence avec les produits communautaires, devraient être taxés afin de corriger les disparités de prix liés à l’inégalité de salaires et à de règles environnementales moins strictes dans les pays d’origine. Ces taxes pourraient être ensuite reversées aux agriculteurs des
pays exportateurs pour améliorer leur revenu et soutenir leur agriculture vivrière (qui produit des denrées pour leur consommation intérieure).
Les aides aux exportations agricoles hors UE, injustes, dangereuses et coûteuses doivent être démantelées au pus vite. Ces aides constituent un mécanisme qui décourage les productions vivrières dans les pays pauvres, et elles bénéficient à des gros producteurs chez nous qui n’en ont pas besoin. . Pour les secteurs en surproduction, des aides à la reconversion en particulier dans l’agriculture biologique, ,quand c’est techniquement possible ou les bio-carburants, devraient être mises en place. Pour les productions soumises à des quota ou susceptibles de l’être (lait, beurre, céréales…) un système de prix agricoles dégressif selon le nombre d’actifs par exploitation (quantum) découragera la concentration des exploitations et la surproduction.
La recherche en agriculture biologique doit être encouragée, car actuellement la recherche dans l’agriculture classique reçoit l’essentiel des aides publiques.
Ce sont les bases d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement, de l’autonomie et de la souveraineté alimentaire qui seraient ainsi jetées, condition du maintien des exploitations et d ‘un espace rural vivant chez nous, et du développement des pays pauvres dans le respect de la planète.
Georges Fandos
Délégué Thématique CAP21 Agriculture et Forêt
Pour participer à ce débat accéder au blog CAP21 agriculture : ici
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