
CAP21 s’est positionné clairement contre cette LGV PACA telle que voulue par les décideurs locaux (maires de Marseille, Toulon et Nice) ainsi que le ministre des transports (Mr Perben) et de l’aménagement du territoire (Mr Estrosi). Cette prise de position est mûrement réfléchie à partir des éléments ci dessous :
1) Tout d’abord, le débat public obligatoire pour ce type de projet (supérieur à 300 millions d’euros) a été un cas d’école de ce qu’il ne fallait pas faire. La question posée est « Est il opportun de faire une LGV PACA ? ».
En effet, que ce soit à Marseille Provence Métropole (MPM)ou à Toulon Provence Métropole (TPM), ce sont les élus qui ont décidés contre l’avis des associations représentatives d’une partie de la population. Le débat public a été investi par des institutionnels dotés de bureau d’ingénierie et de moyens considérables (provenant de nos impôts) pour nous imposer des solutions.
Que peut faire les associations ou pire le simple citoyen face dans un tel système ?
Le débat public s’est donc réduit en débat entre Réseau ferré de France et les institutionnels diverses (mairies, départements, région, chambres de commerces et d’industries …), mais où est passé le public ?
Enfin, dans le même sens du débat tronqué, Mr Estrosi, (ministre de l’aménagement du territoire) prend la parole avant la fin du débat pour signaler qu’il y a aura bien un TGV PACA (il répond donc à la place du public) et signale aussi de plus qu’il passera par la littoral (Marseille, Toulon et Nice).
Imaginez la stupeur des participants au débat public qui se demandent alors pourquoi un débat et pourquoi plusieurs années d’études futures si le ministre a déjà choisit !
Cet état de fait sur le débat public est inacceptable, CAP21 prône la démocratie participative alors qu’aujourd’hui tout est fait pour réduire la part du public dans la chaîne décisionnelle.
Cette Ligne a Grande Vitesse est motivée par le fait d’être indispensable. Qu’en est t’il vraiment ?
Le projet TGV PACA est initié pour la ville de Nice qui a besoin de désengorger son aéroport et souhaite basculer le trafic aérien national sur du ferroviaire.
La question première est donc pourquoi passer par Marseille et Toulon, rallonger donc considérablement le temps de parcours, de l’ordre de 28 minutes, alors que Marseille et Toulon disposent déjà d’un TGV ! ! ! Encore plus fort, avec la version officielle présentée, la gare de Toulon se situerait en banlieue, à la Garde, or tous les habitants de la région savent bien la problématique de la circulation automobile dans la secteur de la ZI de la Garde (Zone industrielle complètement saturée). Le temps gagné par cette nouvelle version du TGV (qui ne diffère en rien de l’ancienne côté technologie utilisée) est nul sur Marseille et officiellement de 8 minutes pour l’arrivée sur Toulon! Mais combien de temps perdu pour se rendre sur le lieu de la future gare ?
Pour Marseille, c’est pire puisque rien ne change et le Marseille-Paris ne sera donc pas plus performant. Par contre, l’arrivée de nouveaux TGV (la plupart ne s’arrêteront pas puisqu’ils seront direct pour Nice) va créer plus de trafic et donc plus de ralentissement, sachant qu’actuellement la gare de Saint Charles est aujourd’hui saturée. Ainsi, La future LGV à Marseille et à Toulon n’amène rien de nouveau et va dégrader les performances, où est donc le caractère indispensable d’un telle infrastructure ?
La notion qui fâche : Le coût. Cher, très cher, très très cher !
Le coût du tracé initial prévu depuis plus de dix ans par la SCNF puis RFF (Aix-Nice direct) est évalué en 2005 à 3 milliard d’euros. C’est certes très cher mais ce n’est rien par rapport au coût du tracé de référence (celui des métropoles du sud) choisit par les politiques, qui avoisine les 10 milliard d’euros (hors taxes bien sur). Cerise sur le gâteau, l’état qui finançait jusqu' alors 80% de la somme des travaux des différents TGV annonce de manière certaine qu’il ne mettra pas cette somme. L’état annonce 10 à 20% de participation, l’Europe fera t’elle de même ? Dans tous les cas, il restera entre 60 et 70 % à Payer !
Qui va payer ? La réponse officielle est aujourd’hui les régions et les collectivités locales. Cela signifie un coût de l’ordre de 10.000 euros par foyer fiscal pour les habitants des Bouches du Rhone, du Var et des Alpes Maritimes, impossible sans bloquer la totalité des marges de dépenses des régions et des collectivités pendant 30 ans. Le maire de Marseille et celui de Toulon qui plaident fortement pour ce tracé lancent donc un projet pharaonique et ruineux sans savoir si vu le prix du mètre linéaire de rail pour ce TGV SUD-Est (3 fois supérieur à celui du mètre linéaire des autres TGV français (données officielles du débat public, spécificité du sud-est ?) la ligne arrivera jusqu'à Nice !
Marseille, qui plus est, rentre dans une phase de grande difficulté financière. Comment justifier de se payer le tracé le plus cher, a qui profite le crime ?
CAP21 reprend sur ce point l’exaspération des gens devant ceux qui favorisent le gaspillage d’argent public.
Et les nuisances ?
Le tracé de la LGV PACA tel que voulut par les politiques actuels et le plus long et vient perturber des centaines de milliers d’ habitants supplémentaires par rapport a une solution Train Express Régional moyen Aix- MoyenVar-Nice. Ceci représentera un coût en expropriation mais aussi pour une grande partie des populations traversée, une qualité de vie amputée. En effet, le bruit est un soi disant grand problème de société mais RFF ne s’en occupe qu’avec des normes bidon. Et oui, ces normes sont celle des autoroutes et donne des niveaux moyens dans le temps à ne pas dépasser or un train crée beaucoup de plus mais avant et après le niveau est nul, la moyenne du bruit sur un certain temps est donc en dessous de la norme mais lors du passage du TGV, la valeur peut atteindre 95 dbA (comme un moteur d’avion de moyenne cylindrée).
Si pour fuir le bruit les habitants veulent partir en vacances, il leur faudra éviter la voiture car le projet prévoit 3 millions de voyageurs en plus grâce à cette LGV. Or Toulon ou Nice ce n’est pas Paris et le métro est … inexistant. Les loueurs vont donc se frotter les mains et les dizaines d’hectares de parking prévu pour les nouvelles gares de la GARDE (Toulon EST) et de Fréjus-les Arcs qui se rempliront et se videront tous les jours ne participeront pas à la fluidité du trafic ultra saturé dans ces zones.
L’environnement reste bien sûr une fois de plus le grand perdant de cette proposition : tunnels, viaducs, la plus grosse réserve d’eau de la région dans le massif du COUDON est percée de part en part (comme si cette ressource était inépuisable dans cette région PACA!).
La future LGV ne va t’elle pas gêner l’action des soldats du feu qui devront parfois faire des détours de plusieurs dizaines de kilomètres pour aller éteindre un incendie juste derrière une voie que l’on n’a pas le droit de franchir ?
La liste du massacre produit par ce tracé « LGV des Métroples du Sud » est longue (aigle de bonneli, tortue d’herman dans la plaine des Maures, especes florales protégées par l’Europe dont Corinne LEPAGE est à l’origine…).
CAP21 ne peut accepter un tel sénario d’apocalypse pour l’environnement et de bétonnage prévisible du peu d’espaces verts restant (notamment dans le Var).
La position des politiques en place : L’omerta. Quelle surprise, un TGV dans votre jardin : Avec la SNCF, tout est possible ! »
Un bouquet de fleur dans un giratoire, c’est la première page du magazine de la ville ou même du conseil général assuré. Un projet de 10 milliard d’euros, présenté comme le projet majeur et structurant pour les Bouches Du Rhones, le Var et les Alpes-Maritimes et … pas une page.
Les habitants sont ils au courant, seules les associations et CAP21 à l’aide des médias préviennent les usagers qui commence à peine à se frotter les yeux devant l’ampleur du désastre à venir.
Bizzarement, même sur le site Internet du ministère des transports, on trouve sur le sujet du TGV PACA et uniquement dans la rubrique tracé des métropoles des erreurs de positionnement de la voie existante actuelle. La future voie TGV se trouve alors a côté de la voie actuelle et ne dérangerait ainsi presque personne, sauf que dans le secteur de l’agglomération Toulonnaise, la voie actuelle n’est pas celle indiquée sur la carte. Vous avez dit manipulation ?
Ce type de méthode est aujourd’hui désuet, CAP21 ne veut plus de cette « politique à la papa » ou tout se fait par derrière, en secret, dans le complot.
Cette LGV doit être l’occasion de faire un référendum après avoir donné aux gens toutes les indications nécessaires au vote.
L’argument massue des PRO TGV : le développement de l’économie. Info ou intox ?
Le problème du coût étant déjà évoqué plus haut, supposons qu’il soit résolu (imaginons qu’il n’existe par exemple que des millionnaires dans les bouches du Rhones, le Var et les Alpes maritimes). Reste la vision du développement économique de la région. La future voie LGV ne sert de plus pas pour le fret, aucun intérêt donc pour le transport de marchandise, point important à l’heure ou l’on parle de ferroutage. Le « pole mer », un pole d’excellence gagné par Toulon pour lequel de nombreux millions vont être injecté est à l’ouest de Toulon (la Seyne sur mer) qui accueille aussi la seule liaison de mer-routage entre la France et l’Italie (solution soi disant très à la mode, souvent plébiscité les hommes politiques, Mr Villepin en tête). Pour créer un dynamisme et des interconnections avec ce pôle, on déplace la gare … à l’opposé, où est la logique économique?
Le centre ville de Toulon où se situe actuellement la gare a fait l’objet d’une rénovation très coûteuse afin de le redynamiser (rénovation place de la liberté, création d’un gare routière qui jouxte la gare actuelle…), dévier les TGV vers une gare à l’extérieure de la ville c’est faire mourir ce centre vivant aujourd’hui pour bonne partie des haltes des voyageurs (hôtels, bars…).
Enfin, dans ce projet de « LGV des métropoles du sud », où est l’aménagement du territoire ? Les gares seraient implantés dans des zones industrielles saturées. Aucune possibilité d’extension.
Il faudra même exproprier de nombreuses entreprises et fermer de nombreuses caves coopératives. En effet, le seuil de rentabilité des caves coopératives du est limite, ce qui les obligent à s’associer avec d’autres producteurs (la Corse par exemple avec la cave coopérative de la Crau dans le Var) pour obtenir un nombres d’hectares de culture minimum. L’arrivée de la LGV dans cette zone et son emprise foncière considérable (zone de travaux, usines électriques, bassins de rétention d’eau …), ne permettra pas aux agriculteurs (essentiellement en PACA des viticulteurs) de survivre. On a ainsi, une perte d’emploi chiffrée à 400 personnes. Est ce là le développement économique ?
Enfin, ne pas confondre avec le développement économique lors de l’installation du rail dans une zone sans trains. Sans voie ferrée ou avec, il y a effectivement une différence. Mais ici, MARSEILLE ou à TOULON, les villes ont déjà le rail. Le seul intérêt pour TOULON (il n’y en a visiblement aucun pour MARSEILLE et la solution des LGV des métropoles du sud est la moins performante pour NICE), c’est un gain de 8 minutes, cela justifie t’il un investissement le plus important jamais réalisé et aussi mal réfléchit ?
L’intérêt économique et ainsi inexistant et contre productif.
Conclusion :
CAP21 s’indigne de ce projet ruineux qui nuit aux habitants, à l’environnement et qui ne produirait que peu de développement économique. Ce projet est un exemple de contre productivité et de choix politiques risibles si cela n’engendraient pas de conséquences aussi graves.
CAP21 souhaite vivement l’instauration d’une démocratie participative et propose un référendum sur ce sujet de la LGV après un débat avec les données réelles de cette problématique divulguée au public.
Que dire aux marseillais qui ont déjà le TGV et qui vont payer très cher pour voir passer des bolides presque tous sans arrêt chez eux pour partir directement en direction de Nice ? Que dire aux Toulonnais qui vont perdrent leur TGV à Toulon centre et voir des temps de parcours allongés ? Que dire aux Niçois qui vont verrons des travaux titanesque pour voir enfin arriver un TGV qui n’aura plus que le « T » de Tortillard !
CAP21 se positionne pour les solutions alternatives, il en existe d’ailleurs au moins deux qui nous semblent pertinentes et qui pourraient servir de base pour faire un vrai maillage ferroviaire en PACA.
La rénovation du réseau existant qui permettrait de répondre au besoin de capacité des Niçois tout en réduisant le temps de parcours actuel (création d’une voie au dessus de l’ancienne, modernisation de la voie actuelle, suppression des endroits à vitesse très réduite de 40 km/h …)
La solution alternative des associations de toute la région PACA qui se regroupent et proposent la création d’une ligne nouvelle Aix-Nice passant par le moyen Var. Cette ligne serait prise en grande partie sur une emprise où il existe un réseau qui n’est aujourd’hui plus exploité (peu d’emprise foncière supplémentaire par rapport à la situation actuelle).
Cette solution fait d’une pierre trois coups : liaison vers Nice dans des temps acceptables avec des TGV directs Aix-Nice circulant à près de 180 KM/h (vitesse maximun sur lignes classiques), ouverture d’une liaison ferroviaire dans le moyen Var en Train Express Régionaux afin de servir les habitants pour qu’ils puissent se rendre sur leur lieu de travail et possibilité de faire passer du fret pour désengorger les routes.
CAP 21 rappelle que ces solutions se doivent d’être étudiés convenablement. Elles sont bien moins chère (environ 3 à 10 fois moins chères) et répondent mieux à la demande. Elles sont polyvalentes et font de l’aménagement du territoire. Elles prennent en compte la notion de développement durable et non pas celui du profit touristique à court terme.
Rejoignez et militer pour CAP21, c’est vouloir lutter contre ce type de projet LGV PACA tel que imposé aujourd’hui et c’est pouvoir laisser une chance pour les générations à venir.
Pour CAP21, Olivier Lesage.
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