Environ 850 personnes, selon la police, ont manifesté samedi à Marseille contre la construction du réacteur nucléaire Iter prévue dans le site de Cadarache (Bouches-du-Rhône).
Les manifestants, qui ont fait un sit-in sur la Canebière après avoir pique-niqué à la porte d'Aix, répondaient à l'appel du réseau Sortir du nucléaire et étaient souvent venus en famille. Ils défilaient derrière une grande banderole "Stop Iter, oui aux énergies renouvelables".
"Inactifs aujourd'hui, radioactifs demain", pouvait-on lire sur des pancartes, ou encore: "non à Iter, le soleil existe déjà, pas besoin de l'inventer".
Selon le réseau Sortir du nucléaire, Iter "a pour seul objectif de maintenir une réaction de fusion nucléaire pendant 400 secondes... sans aucune possibilité de capter l'énergie dégagée: contrairement à ce que croient de nombreux citoyens, Iter ne produira pas d'électricité mais en consommera énormément".
Le réseau estime également que l'itinéraire "grand gabarit" qui doit servir à acheminer par route jusqu'à Cadarache les pièces géantes d'Iter va défigurer la Provence, tandis que la construction du réacteur lui-même entraîne la destruction de centaines d'hectares de forêt domaniale.
Le réseau rappelle que "deux prix Nobel de Physique, Matatoshi Koshiba (Japon, 2002) et le regretté Pierre-Gilles de Gennes (France, 1991) ont clairement condamné le projet Iter".
Iter, projet international de recherche, est destiné à démontrer la possibilité d'une fusion thermonucléaire (comparable à ce qui se passe à l'intérieur du soleil) contrôlée.
L'entrée en service du réacteur est prévue pour 2016. L'exploitation de la machine qui va être construite en Provence durera 20 ans. Ce n'est que dans une quarantaine d'années que les scientifiques espèrent aboutir à une production industrielle de l'énergie produite selon cette nouvelle technologie.
Commentaires