Les orientations qui viennent d'être exposées par le Président de la République en matière de réforme sociale, annoncent une refonte profonde des
politiques et des structures liées à l'emploi et la protection sociale. Conscient de la nécessité de faire évoluer notre modèle social vers davantage de justice et d'efficacité, CAP 21 appuie la
volonté des pouvoirs publics et des partenaires sociaux d'engager des négociations nationales sur l'ensemble des chantiers évoqués.
En revanche, CAP 21, parti présidé par l'ancienne ministre de l'environnement, Corinne LEPAGE, tient à exprimer certaines inquiétudes tant sur la forme que sur le fond :
Sur la forme tout d'abord, les échéances fixées par le Président aux partenaires sociaux ne permettent pas à la négociation collective de se dérouler
dans des conditions sereines. Une fois n'est pas coutume,
l'Elysée confond urgence et précipitation : aux vues du nombre et de
l'importance des chantiers ouverts, le calendrier imposé est à l'évidence trop court pour aboutir au consensus social. Considérant le caractère fondamental des enjeux abordés, CAP 21 demande au
Président de la République de donner le temps nécessaire à la négociation pour ne pas risquer de court-circuiter l'action des partenaires sociaux.
Sur le fond, CAP 21 s'inquiète de la remise en cause des garanties qui sécurisent les salariés dans leurs parcours professionnels : la réforme des procédures de licenciement, du régime des périodes d'essai, des modalités d'indemnisation du licenciement ou encore la réduction des durées d'indemnisation du chomage, participent directement au projet défendu par le Medef, qui vise à organiser légalement un marché du travail précaire : la flexibilité sans la sécurité. De même, le maintien annoncé de la franchise médicale, ainsi que la volonté affichée de développer les couvertures individuelles contre le risque "dépendance", font peser de nouveaux risques sur la pérennité des acteurs de l'économie sociale - et tout particulièrement les mutuelles et les institutions de prévoyance -, au bénéfice des compagnies d'assurances et de leurs actionnaires.
Pour Benoit PETIT, délégué national aux affaires sociales de CAP 21, " le risque est grand de voir notre modèle social atomisé."
En revanche, CAP 21 soutient les actions engagées en matière de réforme des régimes spéciaux de retraite, de réforme du droit à la formation
professionnelle ou encore de lutte contre les fraudes à
l'assurance-maladie. Ces mesures, qui visent à responsabiliser les acteurs du marché du travail et à rétablir davantage de justice sociale, répondent aux attentes de nos concitoyens exprimées
depuis longtemps. Dans le même esprit, la fusion UNEDIC-ANPE laisse entrevoir l'émergence d'un service public de l'emploi réellement efficace, structuré à partir des besoins ressentis par nos
concitoyens.
Pour Eric Delhaye, porte-parole de CAP 21, il faut favoriser l'entrée
dans l'emploi, permettre à tous l'accès aux formations qualifiantes,
renforcer les dispositifs individualisés d'accompagnement des demandeurs d'emploi et instaurer un socle de droits transférables attachés au salarié et non plus au contrat de travail.
Par Eric Delhaye, porte-parole de CAP 21
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